Des femmes toutes simples

Genre : comédie

Distribution : 4 femmes 1 homme

Durée : 1h15

Texte disponible auprès de l’auteur.

Résumé :

Le Vaucluse n’est pas que le département des riches. Dans certains quartiers, il y a de la misère, des jeunes femmes qui ont du mal à élever leurs enfants, à les nourrir, à les rendre heureux. Alors devant l’étalage de richesse des stars du music-hall et de la télévision, devant la facilité avec laquelle les hold-up se font dans les films, quatre jeunes femmes vont tenter de se sortir de leur condition en attaquant des banques. Cette histoire est inspirée d’un fait-divers qui s’est déroulé dans les années 1990.

Extrait

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Arrivée de Françoise, les bras chargés de sacs de légumes.

FRANCOISE Eh ben, tu fermes plus ta porte ?

MAGALI C’est moi, je suis arrivée en catastrophe.

FRANCOISE Regardez ce que je vous apporte, les filles. Des beaux légumes bien fanés. Bon, il y a quelques feuilles à enlever, c’est les invendus du marché, mais il y a de quoi faire une bonne soupe.

MIREILLE Super Françoise, c’est drôlement gentil.

FRANCOISE Vous en faites des têtes ? Quelque chose qui va pas ?

MIREILLE Tu rigoles, rien ne va. On est le quinze j’ai déjà plus rien. Deux mois de retard de loyer. L’arabe me fait plus crédit. Et en plus j’ai frappé Kevin.

MAGALI Dans sa tête. Elle a cru qu’elle le frappait mais il a rien.

MIREILLE Mais tu te rends compte. En arriver à penser que je peux frapper mes gosses c’est que je deviens dingue. J’ai même pas de quoi acheter des clopes pour me calmer.

FRANCOISE Tiens, je te donne le reste de mon paquet.

Françoise donne un paquet entamé, Mireille se précipite dessus et allume une cigarette.

MAGALI Moi j’ai ramassé des mégots, hier. Je vous jure. Devant la boulangerie t’en as qui jettent des trucs longs comme le doigt pour pas fumer à l’intérieur. Moi je ramasse.

MIREILLE (riant) Elle ramasse des mégots ! Ah ah ! L’autre qui ramasse des légumes pourris et moi qui perd la boule ! Ah ah, les filles, on forme une fameuse triplette de loqueteuses !

Mireille va chercher un verre et le remplit.

MIREILLE Tiens, ma Françoise, on trinque à cette belle vie de princesse et à nos princes qui se sont tirés.

MAGALI Ça, pour ce qui est des princes, c’est sûr qu’il n’y en a pas une d’entre nous qui est mieux lotie que les autres.

FRANCOISE Oui, enfin vous, vous n’avez jamais eu droit à un petit séjour aux urgences tous frais payés par la sécu.

MIREILLE Allez, on trinque !

Elles frappent leurs verres.

MAGALI On n’a pas dit à quoi on trinquait !

FRANCOISE À l’amour !

MIREILLE Au fric !

MAGALI Au bonheur !

Elles retrinquent. Et rigolent.

MIREILLE C’est con, la vie, tout de même. Parce que si on n’était pas malheureuses on serait vachement heureuses.

Eclat de rires.

FRANCOISE Ça, comme grosse connerie, difficile de faire mieux !

MAGALI Miss Pléonasme.

MIREILLE Non mais vous m’avez comprise. Je veux dire qu’on est des bonnes natures, on rigole bien, on fait de mal à personne et même mieux, moi j’ai pas un radis eh ben j’ai donné dix francs à un clodo. Mais cette foutue vie s’acharne sur nous. L’égalité des chances à la naissance, mon œil ! Mon père est mort juste avant de prendre sa retraite et ma mère ne va même pas chez le toubib quand elle est malade. Pas les moyens.

MAGALI Les gens disent que quand on a le soleil on n’a pas besoin de sécu.

FRANCOISE Moi, quand je dis que j’habite L’Isle sur la Sorgue, on me traite de bourgeoise. Le Luberon ça fait pas tout, j’habite quand même dans une HLM. Et pas terrible en plus.

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