
Genre : comédie
Distribution : 1 femme et 1 homme
Durée : 1h30
Texte disponible auprès de l’auteur
Résumé : Pierre et Colombe sont voisins de tombe au cimetière. Ils font connaissance et nouent une relation d’amitié… débridée. Autant lui est réservé autant elle déborde d’énergie, d’envie de vivre, de morde et de boxer la vieillesse. Lui se laisse entrainer par ce bouillonnement de vitalité, cette folie joyeuse et communicative. Ce qui ne lui réussit pas toujours. L’amour ? Ils en parlent, bien sûr. « Pas question de repartir à zéro à nos âges mais si on se faisait du bien ? ». Une histoire pas banale. Un message d’espoir pour ceux qu’on appelle les seniors et qui ont quatorze ans dans la tête.
Extrait
…/…
ELLE Dites-moi si je me trompe : votre femme, ce n’était pas une rigolote ?
LUI En effet, ce n’est pas ce qui la définirait le mieux. C’était une femme sérieuse, responsable. Elle a très bien su gérer la maison et s’occuper de notre fille.
ELLE Et vous, vous disiez oui.
LUI Assez souvent.
ELLE Oui à tout. Et je parie que vous continuez à faire pareil.
LUI Vous savez, quand le pli est pris.
ELLE Faut le défaire ! Bon sang, Pierre, le veuvage c’est la liberté ! Vous n’êtes pas d’accord ?
LUI Je ne le ressens pas comme ça.
ELLE Ohlala, alors vous attendez la mort sans rien tenter pour la repousser ? Quel gâchis ! Tenez, je vous ajoute la rincette.
Elle reverse du Calvados dans les tasses.
LUI Oh, doucement, je vais avoir la tête qui tourne.
ELLE Eh bien si elle tourne, je vous la remettrai dans le bon sens avec une autre tournée.
LUI Chez moi, j’ai un placard à alcools plein à ras-bord de bouteilles de toutes les régions, je n’y touche jamais. Pourtant j’aimais bien un petit digestif après le repas mais je n’y pense plus.
ELLE Eh bien, la prochaine fois où vous viendrez, vous en apporterez une.
LUI Parce qu’il y aura une prochaine fois ?
ELLE J’espère bien. Vous savez, je fais la joyeuse comme ça mais en fait, je suis très seule. Et je m’emmerde. Personne à qui parler mis à part quelques rombières rabat-joie qui me foutent le cafard.
LUI Peut-être que c’est aussi mon cas.
ELLE Non. Je me trompe peut-être mais il me semble que sous la couche d’austérité que vous arborez il y a une autre nature qui ne demande qu’à se réveiller.
LUI C’est vrai qu’autrefois j’aimais bien m’amuser et les gens me trouvaient plutôt drôle.
ELLE Alors comptez sur moi pour secouer le cocotier. À moins que vous ne me trouviez pas à votre goût ?
LUI Oh ! Vous dites ça comme si…
ELLE Comme si ?
LUI Disons que c’est le genre de question qu’on se posait quand on avait quinze ans.
ELLE Je les ai toujours. Pas vous ?
LUI Pour ne pas vous décevoir je vais vous répondre si.
ELLE J’aime mieux ça.
Elle se lève et vient déposer un baiser sur le front de Pierre.
ELLE Vous me plaisez, Pierre.
LUI Vous ne me déplaisez pas, Colombe.
…/…