
Genre : comédie
Distribution : 1 femme
Durée : 1h
Texte inédit. Pour demander à l’auteur cliquer ici
Résumé :
Dans ce seule en scène tendre et piquant, une comédienne ronde se tient face au public comme on se tient face à soi-même : avec courage, humour et une bonne dose d’autodérision. Elle est ronde, oui, ronde comme une planète qui porte ses marées intérieures, ronde comme une présence qui ne s’excuse plus d’exister. Pourtant, longtemps, elle a cru devoir se modeler pour plaire. Elle s’est forcée à courir, à transpirer, à s’acharner contre elle-même comme si la beauté se gagnait à coups d’efforts et de culpabilité. Elle déroule sa vie sur un tapis de sport comme on déplie un papier de boulangerie encore tiède, révélant sa passion pour le théâtre, ses blessures, ses victoires, ses complexes, ses amours et ses appétits, ceux du cœur autant que ceux de la table. Entre confidences savoureuses et éclats de rire, elle raconte comment on grandit quand le monde vous regarde de travers, comment on s’invente quand on ne rentre pas dans les cases, et comment on apprend, un jour, à s’aimer tout entière.
Extrait
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… Pour une fois, j’avais bien rangé la maison, lavé la vaisselle, nettoyé le coin du chat, fait les carreaux, changé les draps. J’avais même vaporisé senteur des montagnes sur les rideaux, ça sentait bon, moitié edelweiss, moitié tome de Savoie. J’avais ouvert tous les volets pour que la lumière pénètre là où elle va jamais, les petits coins, les creux qui sont remplis des poils du chat et des miettes de biscottes. Pour une fois c’était nickel chez moi. J’avais fait ça pour lui, pour qu’on soit bien. Et on était bien. Il est arrivé habillé avec des fringues que je lui avais données. On a d’abord bu deux bières chacun, histoire de pas se jeter tout de suite à l’assaut du désir. Il m’a fait rire avec la mousse, un vrai gosse, il s’en foutait partout, il imitait Georges Brassens… « gare au gori-i-i-ille »… comme ça, en grattant ma râpe à fromage et en faisant ploum ploum avec ses joues… « gare au gori-i-i-ille »… On a ri à en pleurer et c’est vrai, je pleurais. Alors il a lapé mes larmes comme aurait fait un chien. Et puis il m’a déshabillée, il a jeté les fringues en l’air les unes après les autres comme si c’étaient des pétales de marguerite, il a joué avec ma culotte qu’il trouvait rigolote… « elle est rigolote, ta petite culotte mais faut bien qu’tu l’ôtes pour que je te tripote, lalala »…il chantait, un vrai môme, il était gai, on a fait l’amour doucement, en rigolant… il était heureux et moi j’étais heureuse pour lui… pas pour l’amour qui m’a jamais mise en joie mais pour lui, pour son plaisir.
Et puis mon mari est arrivé alors il s’est planqué sous le lit.
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